Mode Nuit Mode Jour

Le conte du cultivateur regressé | A Regressor’s Tale of Cultivation | 회귀수선전
A+ a-
Chapitre 106 – Lotus (14)
Chapitre 105 – Lotus (13) Menu à suivre...

Auteur : Thremendous

Traductrice : Moonkissed

— Qu’est-ce que… !

Sans me laisser le temps d’être surpris, Kim Young-hoon me pointa son sabre au visage.

Vrooom !

Boum !

Un éclat doré de sabre percuta mon corps.

Comme j’ai atteint le stade d’Édification du Qi, mon corps est en permanence enveloppé de Gang Qi protecteur. Je ne subis donc aucune blessure ; je fus simplement catapulté hors des remparts de la cité.

À l’extérieur de la Cité de Cheon-saek, dans le Désert Fouleur des Cieux.

Sans plus aucun regard posé sur moi, je n’hésita pas à tirer mon Épée Sans-Forme.

Sentant l’élan de mon Épée Sans-Forme, l’expression de Kim Young-hoon changea, mais il fonça sur moi en souriant.

Vrooom !

Boum !

La lumière dorée de son sabre heurta mon Épée Sans-Forme.

C’est rapide.

Et puissant.

Et puis…

— Kim hyung.

— Hm ?

C’est tout.

— Tu n’as toujours pas atteint l’Entrée aux Cieux.

Boum !

Je refoula la lumière dorée de son sabre et j’abattis l’Épée Sans-Forme vers Kim Young-hoon.

Il tenta de contrer avec sa lumière dorée, mais, à l’instant, mon Épée Sans-Forme accéléra encore, dépassant sa vitesse.

Clang !

Kim Young-hoon parvint de justesse à parer mon Épée Sans-Forme, au tout dernier moment, mais c’était la fin.

Il ne pouvait rien me montrer de plus.

‘La vitesse du Sabre Rayonnant Transcendant rattrapée par l’Épée Sans-Forme ?’

Impossible.

Le Sabre Rayonnant Transcendant est l’incarnation de la vitesse extrême.

Un art martial qui existe littéralement dans les instants les plus brefs du temps.

Voilà ce qu’est le Sabre Rayonnant Transcendant.

Pas assez pitoyable pour se laisser rattraper en vitesse par l’Épée Sans-Forme, qui incarne la liberté des trajectoires.

J’estimai le royaume de Kim Young-hoon.

‘L’extrême du Pinnacle Ultime. À peine un cran au-delà de l’extrême ?’

Cela semble être tout.

Kim Young-hoon rit jaune et dissipa la lumière dorée de son sabre.

Comme prévu…

La lumière dorée ne retourna pas à sa conscience.

Ce n’était que du Gang de Sabre doré.

— C’est vrai. Je n’ai pas atteint l’Entrée aux Cieux.

— L’extrême du Pinacle Ultime.

Honnêtement, même ça, c’est une vitesse insensée.

‘Cela fait presque sept ans que le cycle a commencé, non ?’

En seulement sept ans, cet homme a percé le Pinacle Ultime et en a légèrement dépassé la limite.

‘Avant, il lui avait fallu dix ans rien que pour atteindre Cinq Énergies Convergeant vers l’Origine…’

Sachant qu’il existe un royaume au-delà de la Voie au-delà des Cieux, et en comprenant son principe martial, le temps d’y parvenir semble s’être accéléré à mesure qu’il s’y est entraîné avec cela pour objectif.

‘Même ça, c’est une progression démente. Impressionnant.’

Dans ma vie passée, Kim Young-hoon avait mis des décennies à atteindre l’Entrée aux Cieux.

À la place, rien que son talent pour mimer le royaume de l’Entrée aux Cieux avec des arts du Pinacle Ultime est hallucinant.

Mais lui ne semble pas le voir ainsi ; il me regarda, mécontent.

— Tu te moques de qui ? Toi qui as atteint l’Entrée aux Cieux et l’Édification du Qi en moins d’un semestre…

— …

— Et comme tu l’as vu, le Gang doré que je viens de montrer n’était qu’une imitation du royaume de l’Entrée aux Cieux.

Il éleva, vexé, son Gang Qi doré.

Wou-ouong !

À l’intérieur de ce Gang doré, je sentis la puissance de neuf Sphères de Gang.

Au lieu d’intégrer naturellement les Sphères à la conscience pour les fusionner, c’est une méthode qui consiste à briser de force les Sphères de Gang, les intégrer, puis les piloter au sein d’un seul Gang Qi.

Incroyablement inefficace, et de courte durée.

De plus, au moindre faux pas lors du morcellement d’une Sphère, cela peut immédiatement affecter tous les méridiens du corps : un art martial vraiment dangereux, avec un risque réel d’infirmité.

— C’est un art dangereux. Tu ferais mieux d’arrêter.

— Pas de problème. Si l’on a la capacité de détecter et contrôler le moindre flux, il n’y a aucun risque de finir estropié.

J’observai en silence son Gang doré.

— Les gens ordinaires n’ont pas la capacité de contrôler tous ces micro-flux…

C’est un art qu’on ne peut employer qu’en s’appuyant sur le talent écrasant de Kim Young-hoon.

Mais je secoua la tête et dis :

— Même s’il rattrape momentanément le royaume de l’Entrée aux Cieux, c’est bien trop inefficace et dangereux face à de vrais adversaires forts.

Rien qu’avec moi, par exemple. Je suis sûr de pouvoir te réduire en dix secondes en utilisant seulement l’Épée Sans-Forme, sans recourir à la Force Spirituelle Pure ni à la conscience.

— …

Ce n’était pas une plaisanterie, mais un constat.

S’il s’agissait du Sabre Rayonnant Transcendant, incarnation de la vitesse, ce serait autre chose. Mais ce Gang-là, face à l’incarnation de la trajectoire qu’est l’Épée Sans-Forme, n’est que l’apothéose d’une inefficacité vaine.

Je peux l’affirmer parce que je suis dans un royaume plus élevé.

— Et puis, ça…

À l’origine, ce n’était qu’une des innombrables impasses que Kim Young-hoon avait testées et retestées à l’extrême du Pinacle Ultime.

Dans cette vie, je ne lui ai pas décrit toutes les erreurs qu’il a commises en chemin, du Pinacle Ultime jusqu’à l’Entrée aux Cieux.

— C’est une voie sans issue.

Voyant Kim Young-hoon un peu abattu, je lui dis :

— Alors, tu as fait tout ce trajet jusqu’à la lisière orientale de Byeokra…

— Oui. Comme tu l’as dit, je me suis engagé sur une drôle de piste. Je suis venu te voir pour sortir du moule du Pinacle Ultime.

— Sage décision.

J’acquiesça.

Cela fait plus de deux cents ans que j’ai atteint l’Entrée aux Cieux.

Je suis plutôt confiant pour le guider sur cette voie.

Je lui souris.

Sa croissance ne cesse d’accélérer.

Chaque fois qu’il se fixe un nouvel objectif, le talent de Kim Young-hoon jaillit d’un puits sans fond et grimpe plus haut.

Simultanément, sa vitesse de progression s’accélère.

‘Même si, par hasard, je ne parviens pas à cultiver le Fruit de Longévité dans cette vie…’

Peut-être verrai-je, dans les cinquante ans qui restent, le royaume au-dessus de l’Entrée aux Cieux.

— Bien…

Un nouveau royaume sera frayé dans cette vie !

— Kim hyung.

— Hm ?

— Si tu me défies en duel, à part les techniques que tu viens de montrer, tu dois bien avoir autre chose dans la manche, non ?

— Euh… non, ce que je viens de montrer, c’est le fruit d’une longue réflexion et ma technique ultime…

Je ris devant son trouble.

— Alors il va falloir inventer quelque chose sur-le-champ.

Grrrmm !

Revoir Kim Young-hoon après tant d’années… Je ne pouvais pas laisser ça s’achever ainsi.

J’ai des fourmis dans l’épée pour un vrai duel.

— Ne t’en fais pas. Je n’emploierai pas la Force Spirituelle Pure et j’alignerai ma conscience sur la tienne. Si tu veux, je ne tirerai même pas mon Épée Sans-Forme. Honnêtement, que je la tire ou non, j’ai déjà maîtrisé le changement de trajectoires, ça ne fait aucune différence…

— Eh, eh…

Je souris et m’avança vers l’homme en face de moi — enfin un adversaire digne d’un assaut amical.

Je comprends maintenant ce qu’éprouvait Kim Young-hoon, cette exaltation, lorsqu’il s’entraînait avec moi alors que je n’étais qu’à Cinq Énergies Convergeant vers l’Origine, au seuil du Pinacle Ultime.

Pour quelqu’un qui est resté si longtemps seul au sommet, la chance de « jouer » avec quiconque s’approche ne serait-ce qu’un peu des cimes est irrésistible.

Peu importe que le royaume de l’autre soit bien plus bas.

Après tout, en dehors d’un tel adversaire, la plupart ne trouvent même pas l’entrée de la montagne — encore moins son sommet.

J’aligna mon niveau sur le sien, fis flotter neuf Sphères de Gang et je fonça sur lui.

***

— Voici mon ami, Kim Young-hoon, Demoiselle Buk. Kim hyung, voici la Demoiselle Buk, Buk Hyang-hwa, avec qui j’ai récemment travaillé sur une certaine formation.

— …Enchanté.

— Bonjour… Mais…

Buk Hyang-hwa toisa Kim Young-hoon de haut en bas avec un regard navré.

— Vous êtes tombé sur des bandits ? À l’est de Byeokra, croiser des bandes entre les cités, c’est monnaie courante.

— …

— Attendez, je vais vous chercher des vêtements.

Voyant l’état en lambeaux de Kim Young-hoon, elle eut pitié et fila à l’intérieur récupérer des habits.

— …La demoiselle de la dernière fois.

— Oui.

— …Me présenter dans cet état, ça te fait plaisir ?

Il me fusilla du regard, tout en massant sa mâchoire un peu gonflée par la dérouillée.

— …Hum, je t’ai soigné, non ?

— Tu avais beaucoup de rancœur accumulée à l’entreprise ?

— …Disons ça.

À vrai dire, je ne me souviens même plus de ce qui s’est passé sur Terre, mais j’éluda son regard.

— Ohoh, je ne m’attendais pas à te voir déjà proche d’une demoiselle. On dirait que ta vie amoureuse se porte bien.

Ayant lu l’intention entre Buk Hyang-hwa et moi, Kim Young-hoon me regarda d’un air perçant.

— …Ce n’est pas vraiment une relation amoureuse.

— Ah bon ?

Il pointa l’extérieur de la boutique d’artefacts, l’air incrédule.

Dehors, un couple qui a tout des amoureux passe.

— Tu vois leur intention ?

— …Je la vois.

— Et comme tu es dans un royaume plus élevé que moi, à moins d’avoir le cerveau fichu, tu as dû voir la tienne et celle de cette demoiselle aussi.

— …

— Bon sang…

Quand l’art martial s’équivaut, on ne peut pas cacher nos élans intérieurs l’un à l’autre.

— C’est juste… pas ça.

— Pas ça comment ? Si tu as des yeux, tu vois bien l’intention que vous émettez, tous les deux.

— …

J’évita son regard ; il se frappa la poitrine, exaspéré.

— Tu étais déjà comme ça à l’entreprise, mais pourquoi es-tu si frustrant ?

— Pourquoi tu reparles de l’entreprise ?

Cela fait près de sept cents ans — et honnêtement, je n’en ai presque plus de souvenirs.

Ma mémoire et ma pensée se sont certes affûtées à mesure que ma conscience s’est élargie, mais sept siècles, ce n’est pas rien.

— …C’est vrai. Tu ne pouvais sans doute pas savoir, à l’entreprise. À l’époque, tu ne savais même pas lire les intentions, pauvre benêt.

— Pardon ?

— À part toi, tout le service le savait, andouille.

— De quoi parles-tu ?

J’aimerais qu’on revienne aux arts martiaux.

Je ne suis pas ce que débite Kim Young-hoon et je le regarda, perplexe.

Il me rendit un regard navré, puis claqua la langue.

— …???

Je ne compris rien à son manège et le fixa, hagard.

Quand Buk Hyang-hwa ressortit avec des vêtements pour Kim Young-hoon, je ne comprenais toujours pas ce qu’il voulait dire ; je pencha juste la tête, dubitatif.

Deux jours avaient passé depuis l’arrivée de Kim Young-hoon à Cheon-saek.

J’aidais Buk Hyang-hwa à rassembler des matériaux pour des artefacts magiques et je lui ai raconté ce que m’avait dit Kim Young-hoon.

— …Donc, tout à coup, il m’annonce que tous les gens de mon ancien chez-moi savaient. Demoiselle Buk, qu’est-ce que ça veut dire ?

— Puhaha…

Buk Hyang-hwa éclata de rire en m’entendant.

— Non, Daoïste Seo. Vous ne savez vraiment pas ?

— C’est moi qui suis bizarre ?

— Pas bizarre. Juste un peu lent.

— …On me l’a souvent dit.

Elle rit et enchaîna :

— Parmi les gens de votre ancien chez-toi, il y avait quelqu’un qui vous aimait bien, Daoïste Seo !

— Hein ?

Je sursauta à cette réponse inattendue.

‘Quelqu’un de notre service m’aimait bien ?’

Il n’y avait pas tant de femmes dans notre service.

Elles étaient huit environ ; l’une était assez âgée, et trois avaient un petit ami.

‘Parmi celles qui n’avaient pas de compagnon, qui aurait pu m’aimer ?’

Peut-être la sous-cheffe Kang Min-hee, la sous-cheffe Oh Hye-seo, la cheffe Kim Yeon, ou la cheffe Shin.

‘La cheffe Shin me parlait rarement, donc pas elle… Une collègue, alors ? Mais qui ?’

Je me massa les tempes, confus.

Buk Hyang-hwa me regarda, avec une nuance étrange dans le regard.

— Ça vous tracasse, Daoïste Seo ?

— Hmm… C’est un peu surprenant, mais ça ne me tracasse pas.

Je balaya ces pensées à l’intonation de sa voix.

En vrai, je me souviens à peine des autres collègues, hormis Kim Young-hoon.

Cela fait sept cents ans.

Sept cents longues années sans vraie conversation.

Qu’on m’ait aimé, que j’aie aimé quelqu’un, qu’on se soit détestés, ignorés, qu’on m’ait brimé, qu’on m’ait été indifférent, ou qu’on m’ait trahi…

‘Je ne me rappelle plus qui est qui. Souvenirs et sentiments se sont éteints.’

— Puisqu’ils ne sont plus à mes côtés, je ne ressens rien. Ceux qui sont avec moi maintenant me viennent bien plus en tête et me sont bien plus précieux.

— Ah…

— Hein ? Vous avez l’air fatiguée. Laissez, je vous aide.

Je pris des mains rougies de chaleur les matériaux d’artefact.

On dirait qu’il fait chaud.

Nous arrivons bientôt à l’atelier du Lotus Magique Blanc.

— …Bref, Daoïste Seo. J’ai quelque chose à vous montrer…

Buk Hyang-hwa déposa les matériaux, les rangea, puis m’appella dans l’atelier.

— Venez voir. Ça peut vous intéresser.

— Qu’est-ce que c’est ?

Je la suivis jusqu’au centre de l’atelier, où quelque chose était recouvert d’un drap blanc.

Je frémis légèrement en devinant sa silhouette.

— Est-ce que…

— Oui, c’est bien ça.

Fouuush !

Elle ôta la toile et révéla ce qui se trouvait dessous.

Une marionnette.

La marionnette du Seigneur Fou, rapportée du Palais du Commandement Servant.

— Vous avez restauré la marionnette du Seigneur Fou ?

— Je ne peux pas encore restaurer le circuit central. C’est trop complexe. Mais j’ai réussi à remettre en état les autres circuits, donc elle peut bouger si on l’alimente en énergie spirituelle. Elle ne peut pas sortir toute sa puissance, mais elle peut déployer environ 60 % de sa force.

Elle me regarda et demanda :

— On essaie ?

— Allons-y.

J’accepta aussitôt.

La marionnette du Seigneur Fou.

À quel niveau correspondent 60 % de sa force d’origine ?

Nous emmenons la marionnette dehors, dans le désert.

— J’y vais !

Vroooom !

Elle inséra une pierre d’esprit dans une fente de la marionnette et l’infusa de conscience ; la marionnette battit des ailes et s’éleva.

— Incroyable…

J’admirai la densité des circuits qui tourbillonnaient en elle.

Plus complexe encore que les veines d’un être vivant ?

Sidérant…

Je la vis piloter la marionnette par la conscience.

L’instant d’après—

Bang !

— … !

Pris de court, je matérialisa une Sphère de Gang devant moi.

Boum !

De l’arrière de la marionnette, de la Force Spirituelle Pure jaillit en aiguille acérée et heurta la Sphère.

— Quelle vitesse…

Aussitôt, la marionnette-abeille remua, passa derrière moi et pointa son dard.

Crac !

J’enveloppa ma main de Force Spirituelle Pure et saisis le dard.

‘Cette vitesse…’

C’est la vitesse de Kim Young-hoon quand il use de cinq Sphères de Gang.

De plus, c’est une attaque qui concentre la Force Spirituelle Pure de la marionnette dans un dard.

‘C’est du niveau Édification du Qi…’

Et ce n’est qu’à 60 %.

Si elle libérait toute sa force, elle serait du niveau fin d’Édification du Qi.

Frisson.

J’ai goûté indirectement à la puissance du Seigneur Fou à travers cette abeille.

Un frisson me parcourut tout le corps.

Combien de reliques de ce genre, comme cette marionnette-abeille, avaient été laissées là, en vrac, au Palais du Commandement Servant ?

Et pas seulement là : à bord du Vaisseau de Traversée du Néant, il y en avait bien plus que « quelques-unes ».

‘Si la marionnette pouvait déployer toute sa force, sa vitesse rivaliserait avec celle de Kim Young-hoon au Pinacle Ultime utilisant neuf Sphères de Gang…’

Une simple marionnette peut-elle atteindre une telle vitesse ?

Snap !

Perdu dans mes pensées, je vis la marionnette-abeille sectionner son dard de Force Spirituelle Pure, s’écarter, puis tirer un autre dard par l’arrière.

Fouuush !

La marionnette me refonça dessus.

Boum !

Je saisis sa tête et la plaqua au sol.

— Impressionnant. Le Seigneur Fou, et la Demoiselle Buk qui a restauré sa marionnette…

— Ce n’était pas si difficile, en vérité. Ce n’est pas une marionnette de combat et elle n’était pas trop endommagée.

— …Pardon ?

Une marionnette qui se déplace à la vitesse du Pinacle Ultime et peut asséner, en un clin d’œil, un coup du niveau Édification du Qi… ne serait pas un modèle de combat ?

— Ce n’est pas un modèle de combat ?

— Exact. En dehors du dard, elle n’a pas de fonction offensive spéciale. Elle est juste rapide, sans dispositif particulier. Tu peux le voir à partir des fonctions gravées dans la marionnette.

Buk Hyang-hwa s’approcha, me montra un point de la marionnette.

À l’endroit indiqué, une formation fine et complexe pulsa d’une forte vibration spatiale.

— C’est une marionnette de transport pour la manutention. J’ai marqué une coordonnée spatiale dans l’atelier… Regardez.

Elle manipula l’arrière de la marionnette ; celle-ci vrombit et changea de posture.

D’une attitude agressive, dard dehors, elle passa à une posture paisible et confortable, les pattes antérieures tendues.

Buk Hyang-hwa posa un bracelet de verre sur ces pattes tendues, et la marionnette le serra.

— En se servant de la formation spatiale gravée sur son corps et de sa vitesse propre…

Flash !

Tout en entrant quelques commandes sur l’arrière de la marionnette, celle-ci fila à très grande vitesse puis disparut soudain.

— Elle se rend aux coordonnées fixées par translation spatiale pour livrer la marchandise.

— …

— Le bracelet vient d’être déposé dans mon atelier. Et maintenant…

Elle sortit un petit disque de formation de sa poche.

Le disque était gravé d’innombrables circuits, formant une petite formation spatiale.

Flash !

L’instant d’après, la formation s’illumina et la marionnette réapparut devant nous.

Dans ses pattes antérieures, elle tenait un marteau de l’atelier.

— On dirait que cette marionnette servait au transport. Au Palais du Commandement Servant, il y en avait des myriades, à l’effigie du Seigneur Fou.

— …

Penser que ceci n’est pas une marionnette de combat, mais « seulement » une bête de somme.

Je ris, creux, ressentant indirectement la puissance du Seigneur Fou.

‘Même si je deviens Être Céleste en cultivation et en martial, pourrai-je jamais rivaliser avec le Seigneur Fou ?’

Je contemplai la marionnette, admiratif.

Soudain, une sensation étrange m’étreint face à elle.

‘Mais cette marionnette…’

— Demoiselle Buk, vous avez dit que le circuit central était impossible à restaurer ?

— Oui. Je n’ai pas compris ce que signifiaient ces circuits.

— Puis-je essayer de piloter cette marionnette ?

— Vous, Daoïste Seo ? Vous n’êtes pas maladroit, pour tout ce qui n’est pas épée volante ?

— J’ai le sentiment que je peux bien la prendre en main.

— Hmm…

Après un bref moment d’hésitation, elle m’amena la marionnette et m’expliqua rapidement l’interface.

— D’abord, infusez votre conscience dans ce circuit-là et tentez un mouvement.

— Entendu.

J’infusa ma conscience dans la marionnette-abeille.

D’innombrables circuits l’absorbèrent.

— Il y a en tout sept circuits principaux, et vous devez y infuser votre conscience l’un après l’autre…

Elle parla à côté de moi, mais je me concentra sur le retour des circuits.

‘Comme je le pensais, c’est bien…’

Ma supposition était juste.

Fouuush !

Je divisa ma conscience à l’intérieur de la marionnette.

La conscience est un agrégat d’intentions.

Et l’intention est une combinaison de couleurs innombrables.

Parmi elles, il y a les Sept Émotions qui fondent les émotions humaines.

Je scinda la conscience que j’ai infusée en sept couleurs.

Fouuush !

Les sept grands circuits aspirèrent séparément ces sept couleurs.

Dans le même temps, je me sentis en parfaite unité avec la marionnette-abeille ; j’avais l’impression de savoir exactement comment la piloter.

— Demoiselle Buk, j’ai pris la marionnette en main.

— Si vous continuez d’infuser régulièrement la conscience… Quoi ?

— Regardez.

Vrooom !

Sous ma volonté, la marionnette s’éleva naturellement dans le ciel et décrit de gracieux cercles.

Elle se mut bien plus souplement que sous le contrôle de Buk Hyang-hwa.

— Comment avez-vous…

La marionnette, entre ses mains, ne bougeait qu’en droites cassantes ; sous la mienne, elle se mut librement.

‘Si le Seigneur Fou possédait la vision de l’Entrée aux Cieux, il devait naturellement pouvoir voir les couleurs de l’intention — fondement de l’essence du cœur de l’Entrée aux Cieux au-delà de la Voie…’

— Comment avez-vous fait, Daoïste Seo ?

— Je vais vous expliquer.

Après avoir piloté l’abeille avec aisance, je la reposa près de Buk Hyang-hwa et lui exposa ma découverte.

Les Sept Émotions.

Et les couleurs de l’intention visibles, dans le monde martial, à ceux qui ont atteint Trois Fleurs Rassemblées au Sommet et Cinq Énergies Convergeant vers l’Origine.

Buk Hyang-hwa m’écouta en griffonnant dans son carnet.

Cette nuit-là.

Dans son atelier, Buk Hyang-hwa médita, doigts posés sur les circuits de la marionnette-abeille.

— La conscience des Sept Émotions…

Un domaine auquel elle n’avait pas pensé.

Appliquer des émotions humaines à des artefacts rigides.

— Qu’a donc créé exactement le Seigneur Fou…

Même cette abeille n’était qu’une marionnette relativement intacte parmi l’amas de reliques aperçues ce jour-là au Palais du Commandement Servant.

— Dans sa demeure habituelle, combien a-t-il dû en garder…

Un frisson.

De même que Seo Eun-hyun avait frissonné devant la puissance du Seigneur Fou, Buk Hyang-hwa frissonnait devant son génie.

— Un talent inimaginable… vraiment un Talent de Loi des Motifs Extraordinaires…

Un talent surpassant même les démons.

Frou-frou…

Alors qu’elle analysait, soudain son visage se figea.

— Attends, si Daoïste Seo a raison, cette marionnette n’est pas… qu’une marionnette à émotions.

Fouuush !

Quatre motifs colorés affleurèrent sur sa peau ; son regard se focalisa dans l’abeille.

— Elle est reliée… ?

Elle disséqua les circuits.

— Cette marionnette, fondée sur les émotions, est interconnectée avec d’autres marionnettes du Seigneur Fou. Elle a été conçue ainsi.

Si j’analyse le flux d’émotions perçu ici en tant que flux de circuits…

Après avoir bricolé un moment, elle s’immobilisa.

Tac !

Un de ses outils lui échappa et cogna la coque.

Le circuit est un peu écrasé, mais le visage de Buk Hyang-hwa pâlit ; elle tremblait.

Ploc…

Un fil de sang perla à sa narine.

Vrrr…

Ses quatre motifs s’embrasèrent plus vivement que jamais.

— Impossible…

Elle se redressa et recula de la marionnette.

— Seigneur Fou… qu’essayiez-vous de créer ?

Son souffle s’accéléra.

Elle fixa la marionnette, interdite.

— Un talent et un concept supérieurs à ceux des démons…

Non — si ma supposition est juste, le royaume qu’il visait n’est permis que par les Cieux…

Un royaume tabou pour les mortels…

Une chimère impossible, une imagination démentielle.

Voilà ce que Buk Hyang-hwa devina être le but du Seigneur Fou.

— Mais comme il est fou… pourrait-il vraiment vouloir violer le tabou pour l’engendrer… ?

Vrrr—

À la faveur d’un éclair de compréhension extrême — et d’un aperçu de la chimère taboue d’un dément — l’activation débridée de ses qualités décroît peu à peu.

Le cœur apaisé, elle tourna le regard vers un plan accroché à un mur de l’atelier.

C’est le schéma conceptuel d’un trésor dharmique qu’elle concevait pour Seo Eun-hyun.

Un plan lentement peaufiné pour satisfaire les conditions absurdes qu’il avait énoncées.

Mais après avoir entrevu le projet du Seigneur Fou, et constaté le foisonnement d’émotions dans l’abeille, elle sentit que son plan venait d’être fortement enrichi.

Buk Hyang-hwa s’approcha du plan du trésor.

— Si la chimère du Seigneur Fou est vraie, rien de ce que je fabrique n’égalera jamais son œuvre. Cependant…

Elle saisit un pinceau d’atelier et recommença lentement à tracer.

— Entre les mains du Daoïste Seo, mon ouvrage pourra au moins suivre ses traces.

Frou-frou…

Le regard concentré, Buk Hyang-hwa affina minutieusement le plan du trésor dharmique.



Rejoignez-nous et devenez correcteur de Chireads Discord []~( ̄▽ ̄)~*
Chapitre 105 – Lotus (13) Menu à suivre...